3.4.06

Revue de la presse anglophone des Etats-Unis du 3 avril 2006 par des étudiants de l'ISIT

Le cours de "Géopolitique du visible et de l'invisible" que P. Verluise assure à l'ISIT aux étudiants de 2eme année comprend cette année deux thèmes: les visages de la guerre et les frontières de l'Europe. Chaque séance se divise en deux parties: un cours et des travaux des étudiants. Ces derniers ont le choix entre un exposé et une revue de la presse en langue étrangère. Ceci afin de valoriser leurs compétences linguistiques. Voici une revue de la presse anglophone des Etats-Unis qui porte sur le mois de mars 2006, présentée le 3 avril 2006.

Langue : Anglais – Etats-Unis exclusivement
Médias utilisés : Presse écrite et Internet

LES FRONTIERES DE L’EUROPE
A - Elections présidentielles en Biélorussie : échec de la démocratie
Elections du 19 mars 2006
Alexander Lukashenko a été réélu pour 5 ans le 19 mars 2006 avec 82,6% des voix au terme d’une élection jugée « non conforme aux normes internationales » et non démocratique par l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Dans l’article du New York Times du 20 mars 2006, nous apprenons que Lukashenko, accusé d’être le dernier dictateur en Europe, a aussi fait changer la constitution pour accéder à un nouveau mandat. Le Conseil de l’Europe a pour sa part qualifié l’élection de « farce électorale ». Cependant, la mission d’observation de la Communauté des Etats indépendants (regroupant 12 des 15 anciennes républiques d’URSS) a qualifié le scrutin présidentiel de transparent et d’ouvert. Cette élection était à haut risque pour Lukashenko qui craignait une révolution calquée sur les modèles Ukrainien (révolution Orange) et Géorgien.

Réaction de l’opposition
Pour les opposants, cette élection est une farce, mais ils le savaient et avaient déjà préparé leurs réponses. Dans l’article de Newsday du 18 mars 2006, le journaliste nous présente les différentes méthodes proposées par Milinkevich pour réagir malgré l’interdiction de manifester prononcée par le gouvernement (toutes les personnes manifestant contre le résultat de l’élection pourront être inculpées pour terrorisme). Milinkevich a appelé une révolution non violente, pour montrer son intention pacifique et sa capacité à résister à la répression sans faire de carnage. De plus, le journaliste rapporte les conclusions des experts qui disent que « l’opposition a mené une campagne au succès inattendu, avec très peu recours aux médias et ce malgré la persécution du Gouvernement ». Ainsi, ils estiment qu’au début de la campagne, seulement 10% des Biélorusses avaient entendu parler de Milinkevich, alors qu’aujourd’hui, ils sont 80% à le connaître. Le journaliste conclut son article en précisant que le succès de Milinkevich a tout de même été un « choc psychologique, moral et politique » pour Lukashenko.

Réaction de Mikheil Saakaskvili, actuel président de la Géorgie
Le 17 mars 2006, un article du International Herald Tribune rapporte les propos du président Géorgien au sujet des élections en Biélorussie. Celui-ci déclare suivre de très près ces élections car pour lui, « elles représenteront non seulement le vote le plus important cette année en Europe, mais aussi le test le plus critique pour évaluer le seuil de tolérance de l’Europe face à une dictature sur son propre continent ». Saakaskvili rappelle que la présidence de Lukashenko est controversée à cause des étranges « disparitions » de ses opposants, de la falsification des bulletins électoraux et du changement de la constitution.

Réaction de la Russie opposée à celle des Etats-Unis et de l’Europe
Dans l’article du USA Today du 21 mars 2006, le journaliste relate que « les Etats-Unis et l’Europe menacent de sanctionner cette élection qu’ils considèrent comme frauduleuse ». De plus, l’UE déclare que cette élection ne respecte pas les droits de l’Homme et les standards démocratiques, car « elle était basée sur l’intimidation », et Washington demande une nouvelle élection. Cependant, nous apprenons dans un article de Newsday du 20 mars 2006 que la Russie, sous la présidence de Vladimir Poutine, a eu une réaction complètement opposée : Poutine a félicité Lukashenko et a dit que ces résultats renforceraient leur alliance. Le journaliste ajoute que pour Poutine, s’affirmer face à la Biélorussie et à l’Ukraine constitue une partie de sa stratégie pour rétablir la Russie en tant qu’acteur international pendant son année de présidence au G8.

B – Les frontières de l’euro
La Slovénie : une entrée quasi certaine dans la zone euro…
Le 17 mars 2006, le commissaire européen, Joaquim Almunia, a réitéré l’assurance que la Slovénie rejoindrait la zone euro au 1er janvier 2007. Dans un article du New York Times du 18 mars 2006, l’auteur estime que la Slovénie peut être fière d’elle, étant le premier parmi les nouveaux Etats membres de l’UE (entrés en mai 2004) à rejoindre la zone euro , ce qui sera la dernière étape pour faire pleinement partie de l’UE. La Slovénie savoure cette reconnaissance et espère davantage de stabilité et de développement économique grâce à la monnaie unique. Un article du International Herald Tribune relate les faits avec un regard positif en faisant l’éloge du chemin accompli par le pays depuis son indépendance en 1991. Le commissaire européen a tout de même appelé la Slovénie à redoubler d’efforts pour préparer le passage pratique à la monnaie unique. Bruxelles rendra son rapport sur l’adhésion de la Slovénie à l’union économique et monétaire européenne le 16 mai, la décision finale reviendra formellement aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE en juin et la parité du tolar (monnaie slovène) de l’euro sera fixée le 11 juillet 2006 par les ministres des Finances.

Les Pays baltes : l’incertitude…
Si « la Slovénie est prête pour l’euro, les pays Baltes quant à eux, ne le sont pas » (Houston Chronicle). En effet, comme la Slovénie, la Lituanie et l’Estonie ambitionnent de rejoindre la zone euro dès le 1er janvier 2007 et la Lettonie, le 1er janvier 2008. En revanche, comme l’écrit le Houston Chronicle ces derniers pâtissent d’une inflation trop forte, rançon d’une croissance très élevée. Il faut rappeler que pour être admis dans la zone euro, les candidats doivent respecter l'intégralité des 5 critères de Maastricht concernant le déficit public, la dette publique,l’inflation, les taux d’intérêt et la stabilité du taux de change. En raison d’une inflation trop élevée et de la nouvelle inflexibilité de la Commission européenne sur le respect des critères de convergence, tout n’est pas gagné pour l’Estonie et la Lituanie. On note quelques divergences d’opinion dans la presse américaine quant à ce sujet. En effet, l’International Herald Tribune estime qu’il y a encore une possibilité que ce critère d’inflation puisse être respecté alors que pour le Washington Post du 22 mars 2006, il serait « plutôt préférable que l’Estonie abandonne la poursuite des préparatifs » vu les prévisions économiques pour 2006 et 2007. Le rapport de la Commission européenne sur la Lituanie et l’Estonie a été fixé à octobre (et non à mai comme pour la Slovénie).

LES VISAGES DE LA GUERRE
A – La Guerre en Irak
Le mois de mars 2006 a marqué les trois ans de la guerre en Irak. Un bilan globalement négatif en a été dressé dans la presse. Dans un article du San Francisco Chronicle, le journaliste aborde le passage d’une guerre qui devait être « rapide, high-tech et propre » à une guerre empreinte de « sang, poussière et atrocités ». La situation actuelle, aussi terrible soit-elle pourrait cependant paraître « paradisiaque » si une véritable guerre civile venait à éclater selon un journaliste du LA Times. En effet, d’après un article du NY Times ce manque de compréhension vis-à-vis de l’Irak a aggravé la situation puisque les résultats de cette tentative de mise en place d’une démocratie se sont avérés « extrêmement mauvais ». De plus, la possibilité que des autorités irakiennes puissent assurer à elles seules la protection de la population apparaît comme étant « ridicule ». Pourtant, dans un article du Boston Globe, du côté de la Maison Blanche, le mot progrès serait « à la mode ». Toujours dans le même article, on apprend que Bush évite l’utilisation du mot guerre, préférant la qualifier du « 3ème anniversaire du début de la libération de l’Irak » avant d’ajouter que la stratégie menée conduira à une victoire. Toutefois, le journaliste montre son désaccord, décrétant que « Bush ferait mieux d’agir au lieu de prononcer des discours ». Enfin quant aux reproches, le quotidien LA Times mentionne un manque de préparation de la phase qui a succédé aux opérations et surtout un nombre insuffisant de soldats envoyés sur le terrain, ce qui rend le retrait des Américains à court terme extrêmement difficile.

B – Terrorisme
Aux Etats-Unis se déroule actuellement le procès de Zacarias Moussaoui, seul inculpé dans les attentats contre New York et Washington.
Dans un article du Washington Post du 16 mars 2006, on apprend que Moussaoui a plaidé coupable de conspiration avec Al Quaïda en vue de commettre des attentats, mais prétend n’avoir rien à voir avec ceux du 11 septembre 2001. Ce procès est censé déterminer la peine du coupable, à savoir la peine de mort ou la prison à perpétuité. Le journaliste précise que pour obtenir la peine de mort, les procureurs doivent prouver que les actions de Moussaoui ont causé la mort d’au moins une personne dans les attentats du 11 septembre. Or il faut rappeler que Zacarias Moussaoui a été arrêté un mois avant le 11 septembre, alors qu’il prenait des cours de pilotage.

Ainsi dans un article du Los Angeles Times du 22 mars 2006, on découvre en quoi Z. Moussaoui pourrait être condamné pour ces attentats alors qu’il n’y a pas participé directement. En fait, le gouvernement, qui souhaite la peine de mort, s’efforce de démontrer que si l’accusé avait parlé au FBI lors de son arrestation trois semaines avant le 11 septembre, les attentats auraient pu être évités. Cependant, le journaliste précise que personne ne sait ce qui serait arrivé. On retrouve cette idée dans l’article du Washington Post dans lequel il est écrit que le jury ne peut décider sur des spéculations mais sur des faits. Toujours dans l’article du Los Angeles Times, le journaliste nous donne les raisons pour lesquelles le FBI n’a pas pu prévenir les attentats. D’après le témoignage d’un ancien membre du FBI, aujourd’hui retraité, le cas de Moussaoui n’était pas une priorité au mois d’août 2001. En effet, Z. Moussaoui et les risques de détournement aériens n’étaient qu’une infime partie des menaces terroristes auxquelles a dû faire face le FBI en 2001 : seulement 3 % des menaces concernaient les avions.
Le journaliste du Time, dans un article du 16 mars 2006 , préfère s’attarder sur le scandale qu’a suscité ce procès. L’avocate de l’Administration de la sécurité des Transports, Carla Martin, a été accusée d’avoir enfreint la loi en partageant des informations avec des témoins. Considérant cela comme une violation des droits de la défense, la juge du procès avait alors suspendu les audiences.
Le journaliste du Startribune, dans un éditorial du 16 mars 2006, reste quant à lui déconcerté : « comment la défense de la liberté des Américains peut-elle passer par le sabotage ? »

Auteurs : Clara MEREB, Marie PIAGET, Delphine SIWIEC et Anne-Sophie TRANTOUL
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